Semaine 26 : La grande dune

Photo : 03.08.2006 - La grande dune
Jeudi 3 août. Fête de l’Indépendance du Niger. La température ne dépasse plus les 35° (à l’ombre) pendant la journée. Nous pouvons enfin envisager une balade avec pique-nique à midi. Une occasion pour clôturer ce premier séjour au Niger en visitant un lieu mythique : la grande dune !
Ce site a été rendu célèbre en novembre dernier par l’organisation d’un défilé de mode africaine au pied de la dune, dans le lit du kori. J’y suis déjà allé plusieurs fois, mais en y accédant directement par la route. Je voulais donc une approche plus progressive, en laissant la voiture au village de Karey Gouru, à cinq kilomètres de la dune, que nous allons voir apparaître au fur et à mesure de notre marche. Le temps est idéal, avec un soleil à peine voilé. La pluie est annoncée, mais nous ne devons pas encore la craindre.
Avec mon collègue Hervé de l’Agence Française de Développement et sa fille Margot, nous sommes accompagnés de trois jeunes volontaires françaises, Elise de Mirriah, en week-end à Niamey, Charlotte, qui officie dans la capitale, et Nathalie, rescapée du fameux accident sur la route de Zinder. Un de leurs amis nigérien est aussi de la partie.
Depuis le village, nous suivons un sentier que j’avais repéré sur la carte chargée sur le site Google Earth, d’une précision remarquable. La moindre case, les arbustes y figurent. Nous rejoignons le grand kori en aval de la dune, et nous n’hésitons pas à effectuer un grand détour au-dessus d’une falaise dominant un méandre pour mieux admirer non pas une dune, mais l’enfilade des trois dunes qui dominent le kori. Les puits sont nombreux, et le fleuve n’est pas loin. Nous croisons de nombreux paysans. Beaucoup sont occupés à sarcler leur champ de mil. Les plants végètent. La pluie annoncée sera la bienvenue.
Nous sommes maintenant en face de la grande dune. Nous la contournons pour atteindre le sommet, battu par un vent violent. Impossible de regarder face au vent, tant le sable nous burine. Un moment de grand bonheur. Le kori à nos pieds, les villages et les champs qui remontent doucement vers les falaises fermant l’horizon. Vers le sud et l’ouest, le ruban brun du fleuve Niger, dont le niveau a encore monté ces derniers temps.
Pour la descente, pas besoin de prendre trop de précautions. Nous plongeons directement, presque à la verticale, vers le kori, le sable amortissant les chutes. Nous grimpons sur la deuxième dune, avant de revenir dans le kori à l’ombre d’un manguier que Nathalie, notre botaniste de choc, a repéré. Une brise bienveillante atténue encore la chaleur de la mi-journée. Des enfants assistent à notre pique-nique à distance respectueuse.
Nous rentrons en suivant le lit du kori, puis en faisant un petit détour au travers d’une plantation pour rejoindre le fleuve, où nous faisons une courte halte avant de rejoindre notre véhicule. Pour nos volontaires, la grande dune était une première dont ils se souviendront longtemps. Ce ne sont pas les merveilles qui manquent au Niger, mais aussi près de Niamey, la grande dune est une attraction géniale.