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Bernard au Niger
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21 octobre 2007

Semaine 77 : Week-end sur le Niger

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Photo : 13.10.2007 - Campement au bord du fleuve près de Say

On avait beaucoup discuté de notre point de départ. Si nous partions de Say, à 60 Km de Niamey, on pouvait atteindre le parc du W. Mais en cette saison, juste après la saison des pluies, avec une végétation très dense, il était peu probable d’observer des animaux... En plus, s’il n’est plus tombé une goutte de pluie à Niamey depuis plus d’un mois déjà, la possibilité d’un orage sur le parc est toujours bien là. Alors, le bivouac risquait de se transformer en cauchemar !

En conclusion, après bien des palabres, nous sommes partis de Niamey. Une décision qui s’est révélée sage, car la batterie de ma voiture a montré des défaillances le jour du départ, et j’imagine mal me retrouver en panne à Say à la tombée de la nuit... Nous nous sommes donc retrouvés à l’embarcadère, près du pont, à la maison même de notre pilote, Sani. Nous avions insisté pour qu’il nous guide lui-même lors de cette escapade, car sa connaissance du fleuve est telle qu’on ne risque pas avec lui de mauvaises surprises, aussi bien dans le choix des passes que pour les endroits où prendre le pique-nique ou pour bivouaquer. Le niveau de l’eau du fleuve est toujours très haut, avec un courant soutenu.

Au départ de Niamey, nous longeons des sites que nous connaissons bien : Saga, Gorou Chirey, Ngoungou, le kori des oiseaux,... puis viennent, rive droite, des falaises. Au pied de l’une d’elle, une villa somptueuse, la résidence de l’ancien premier ministre. Ce n’est pas avec le salaire qu’il était sensé recevoir qu’il a pu se payer cette merveille ! Même chose pour un haras quelques kilomètres plus loin, qu’il a offert à sa famille...

Nous passons Kollo, où nous dérangeons un couple d’hippopotames, et nous arrivons à Say. Nous stoppons à hauteur du débarcadère, du haut duquel des négrillons sautent à l’eau. De l’autre côté, des femmes et des fillettes lavent le linge, récurent la vaisselle ou font leurs ablutions. Sani s’est absenté. Il revient avec le chef du poste de police. L’arrêt est obligatoire pour la pirogue, tout comme les minibus le long des routes. A la clé, le même racket... 2000 F à allonger par Sani. Pauvre Niger !

Un peu plus loin, nous faisons le tour d’une île, et nous commençons la remontée du fleuve, péniblement. Sani nous dirige vers la berge pour installer le bivouac, un peu avant de rejoindre Say. Nous dressons nos moustiquaires et gonflons nos matelas. Sani achète un poisson-chat à un pêcheur de passage. Il le nettoie aussitôt et le fait frire dans de l’huile qu’il a achetée à Say. Délicieux ! Nous préparons notre barbecue pour le dîner. La nuit tombe. Quelques lumières seulement dans un village, de l’autre côté du fleuve.

Le lendemain matin, le petit déjeuner est vite expédié, pour reprendre la longue remontée à contre-courant. Nouveau passage à Say (2.000 F !). A midi juste, Sani arrête la pirogue près d’un village peul. Des centaines de vaches ruminent dans les basses terres le long du fleuve. Des gamins s’approchent aussitôt, curieux de nous voir déployer notre déjeuner sous l’ombre bienveillante d’un manguier. Difficile d’entrer en contact avec eux : aucun ne parle français ! Les écoles sont rares dans le coin... et pourtant, nous ne sommes qu’à une cinquantaine de kilomètres de la capitale !

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