Semaine 84 : Saint Nicolas monte en chameau !

Photo : 02.12.2007 - Saint-Nicolas en chameau (photo Bart Vander Plaetse)
L’an dernier, Saint Nicolas était venu en pirogue. Les enfants qui avaient vécu son arrivée s’en rappelaient encore. Ils le guettaient donc depuis un moment, sur la berge, scrutant le fleuve majestueux. Ils avaient passé la soirée de samedi à préparer des guirlandes pour décorer le trône recouvert d’un grand drap blanc sur lequel il allait s’asseoir, qui n’était autre que le fauteuil dans lequel je m’assieds quand je travaille à l’ordinateur à la maison... Pendant que les enfants s’affairaient, leurs mères emballaient chez moi, à cent mètres de là, les bonbons et les cadeaux. On comptait beaucoup d’enfants cette année, plus de trente, au point qu’il fallut rationner les bonbons et ne pas en donner aux enfants de moins d’un an...
Nous sommes arrivés au relais de Kanassi dimanche vers 10 heures. Nous avions aussitôt commencé le grimage des deux pères Fouettards, Henri, notre volontaire de Filingué, et Régis, qui avait déjà officié l’an dernier. Pour ma part, le maquillage en grand Saint ne prend que peu de temps, tout juste blanchir un peu les sourcils et un peu de talc sur les joues. Pour le reste, je connaissais l’accoutrement. Tout se mettait bien en place, avec toujours un petit problème pour ma moustache qui avait tendance à retomber en dessous de la bouche ! Tant pis, les plus grands n’auraient ainsi aucune peine à me reconnaître, tandis que les plus jeunes n’y verraient que du feu !
Les mamans organisatrices de la fête avaient mobilisé deux chameaux (en fait des dromadaires, comme chacun sait, mais ici on les appelle quand même des chameaux...), un pour porter Saint Nicolas, l’autre pour les cadeaux, tandis que les pères Fouettards devaient chacun se contenter d’un âne... C’est au bord du fleuve que le cortège s’est mis en place, à la grande joie des enfants qui avaient découvert nos préparatifs depuis la concession, à une courte distance de l’endroit où nous enfourchions nos montures.
C’était la première fois que je montais en chameau. J’ai pris bonne garde aux moments que je savais les plus délicats, d’abord quand le chameau se dresse sur ses pattes, d’abord les pattes arrières, puis celles de devant, mais surtout quand il baraque, pour descendre, en baissant d’abord ses pattes de devant, ce qui projette le corps du chamelier violemment vers l’avant... Pas question de faire une culbute devant les enfants ! Le cortège s’est engagé dans le chemin pierreux qui mène à la concession, accueilli par les chants et les cris. Perché sur son chameau, Saint Nicolas avait vraiment belle allure...
Juste le temps de reprendre sa crosse, qu’il avait confiée prudemment à un père Fouettard, et Saint Nicolas s’installait sur son trône, les enfants assis sur des nattes en face de lui. En commençant par les plus petits accompagnés de leur maman, le grand Saint a distribué les cadeaux, les bonbons, et surtout les compliments, car tous les enfants belges au Niger sont sages et travaillent bien à l’école. Les pères Fouettards n’ont pas eu de travail du tout...
Saint Nicolas a finalement remercié petits et grands pour leur accueil, puis a repris son périple sous les acclamations des enfants, la plupart étant déjà occupés à étrenner les jouets qu’ils avaient reçus, mangeant force nic nac et chocolats, s’en barbouillant les joues, pendant que les parents préparaient le buffet pour un bon repas de fête, arrosé de bonne bière fraîche coulant à flot... Saint Nicolas est le patron de tous les enfants belges, non ?