Semaine 91 : Alphabétisation à Dogon Douchi

Photo : 22.01.2008 - L'institutrice de l'école de la Renaissance
Nous avons quitté Niamey mardi un peu après 8H, Ama, Suzanne et moi, après avoir réglé quelques problèmes administratifs. Nous apprenons que les rebelles ont investi Tanout pendant la nuit, emmenant avec eux le Préfet, à la réputation sulfureuse. Un coup d’éclat qui ne remet pas en cause notre mission, Tanout reste à 800 Km de notre lieu de destination...
A Boureïmi, à mi-chemin entre Dosso et Dogon Douchi, but de notre première journée, nous sommes arrêtés pour permettre une circulation alternative dans un tronçon de la route en cours de rénovation. Des enfants nous font des signes : un pneu de la voiture est en train de se dégonfler ! Ama se gare dans un endroit plat, et entreprend de changer la roue. Un vent violent, chargé de sable, balaye le village. En auscultant la roue, je constate qu’il y a non seulement un gros clou fiché dedans, mais deux petits clous sur le côté... Plus tard, quand Ama fera réparer la roue à Douchi, le garagiste devra s’y reprendre à deux fois, car il y avait deux fuites ! Et même le lendemain matin, Ama devra recourir une nouvelle fois aux services du garagiste, une des réparations n’ayant pas tenu. Les aléas du voyage !
La formation d’alphabétiseurs que nous allons visiter se trouve dans la case de passage du projet Femmes Dosso. Suzanne pilote des expérimentations d’alphabétisation de femmes, et ces formations sont cruciales pour mener à bien ses activités. Les tentatives d’alphabétisation au Niger sont souvent vouées à l’échec, et Suzanne va essayer l’alphabétisation fonctionnelle, donc centrée sur les besoins réels des femmes. Nous assistons au dernier jour de formation des trois alphabétiseurs qui officieront bientôt dans des villages, ainsi que trois suppléants.
Après un repas vite expédié, nous partons à la recherche d’un logement pour la nuit. Nous avons de la chance. Il y a deux chambres de libres dans la case de passage d’une ONG locale très dynamique. Suzanne et moi serons donc hébergés là, en compagnie de trois charmantes françaises qui elles aussi s’occupent d’éducation, pendant qu’Ama ira à l’hôtel ! Une belle occasion pour des échanges fructueux.
A 16H30, pendant qu’Ama termine ses réparations, nous descendons en ville, où l’ONG nous a préparé la visite d’une de leurs réalisations récentes : un centre de culture de spiruline. Déjà bien présente au Mali et au Burkina Faso, la culture de spiruline, une algue miracle pour les personnes souffrant de dénutrition, commence doucement à s’implanter au Niger. Pour le moment, deux grands bacs sont en activité, mais des extensions sont prévues. Comme il fait plutôt frais actuellement, le développement des algues est lent. Avec l’arrivée des chaleurs, la production va s’accélérer. Une initiative à laquelle nous souhaitons plein succès.
Après une brève visite à la bibliothèque tenue par des Soeurs, nous partons vers la brousse, où nous attendent des paysages somptueux, les énormes rochers ruiniformes surgissant au coeur du Dallol. Un peu plus loin, Liguido, un village au pied de la falaise qui fera justement l’objet de la campagne d’alphabétisation de Suzanne. Une surprise : là aussi l’ONG a implanté une école de la renaissance, où sont accueillis des enfants de 10 à 12 ans qui n’ont jamais été à l’école ou qui l’ont quittée très tôt. En quatre mois, une monitrice très motivée les remet à niveau, leur permettant de réintégrer le circuit scolaire normal. Un succès à imiter !