Semaine 96 : Cotonou et la côte du Bénin

Photo : 28.02.2008 - Entrée d'un temple vaudou
Un peu plus de mille kilomètres pour atteindre Cotonou depuis Niamey, en deux étapes, une longue de 800 Km, jusqu’à Dassa, petite ville située entre deux montagnes de grès, et une courte, passant par Abomey, pour y visiter le palais des rois du Dahomey. Y constater que les coutumes avant la colonisation étaient loin d’être paisibles dans le coin. Il n’est question que de massacres, de têtes coupées et de tortures infligées aux vaincus, sans oublier les esclaves vendus aux négriers qui attendaient sur la côte...
Cotonou est une ville tout en longueur, coincée entre l’océan et un grand lac, coupée en deux par une lagune reliant le lac et l’océan. Une vraie ville, avec des avenues bien découpées, des rues pavées et des trottoirs, des immeubles à étages, une circulation dingue, surtout des motos, par dizaines de milliers... L’essence, trafiquée depuis le Nigeria voisin où elle ne coûte presque rien, est transportée par des scooters transformés en tankers ambulants. Revendue à la moitié du prix des stations officielles, lui-même inférieur au prix du carburant hors taxes du Niger, dans des points de vente sauvages partout dans le pays, l’essence permet aux Béninois de beaucoup circuler à un prix très raisonnable. Mais quel casse-tête pour s’insérer dans une circulation démente. Heureusement, Ama s’est vite intégré aux coutumes locales. Seul un passage en force permet souvent de franchir un carrefour...
Pour atteindre l’hôtel du Lac, avec vue sur la mer, il faut franchir le vieux pont. Etroit, il permet juste à deux voitures de se croiser. Il comporte en son milieu une ancienne voie de chemin de fer, piège mortel pour les motos, comme j’ai pu m’en rendre compte en revenant d’avoir été faire des courses à un petit marché de légumes. Un carambolage de motos laissait sur le trottoir des passagers bien mal en point. Evidemment, personne ne porte de casque...
Près de la frontière nigériane se trouve Porto Novo, la capitale officielle du pays. Porto Novo fait pâle figure à côté de Cotonou, sa voisine et capitale économique. Du Nigeria jusqu’au Togo, on compte une centaine de kilomètres de plages, balayées par des vagues océaniques qui peuvent rendre la baignade très dangereuse. Au bord de la piste qui longe la plage au départ de Cotonou, les villages de pêcheurs se succèdent. En milieu de matinée, les villageois sont regroupés en bord de plage, hâlant des filets qui dérivent dans l’océan à partir d’une barque. Arc-boutés en grappe le long de la corde qui retient le filet, certains n’en sont qu’au début de leur labeur, ahanant sous l’effort. D’autres ont déjà terminé. Ils dévident le produit de leur pêche sur la plage. Des femmes ont déposé le long de la route, à même le sable, des nappes de tout petits poissons pour les faire sécher. Ils seront ensuite vendus dans les marchés des villes de la côte.
Nous arrivons à Grand Popo, dernière localité avant le Togo, station balnéaire très prisée des blancs vivant à Cotonou (les Yobos, comme les gens les appellent ici dans leur langue). Avant de passer la nuit à l’auberge de Grand Popo, nous visitons à Comé l’hôpital local qui fait l’objet d’un projet de la Coopération Belge. L’hôpital est d’une grande propreté, dans un environnement fleuri. Le chef de projet se plaint du peu de demande des populations pour les soins, il est vrai payants. Sans doute les autochtones préfèrent-ils en premier recours s’adresser aux guérisseurs traditionnels. Comme le proclament de nombreuses pancartes le long de la route, le sud du Bénin est à l’origine du Vaudou, encore bien vivace dans ses racines locales...